DPE : pourquoi certains logements électriques pourront gagner une classe en 2027
Un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) pourrait-il obtenir une meilleure étiquette sans que son propriétaire remplace les fenêtres ou la chaudière ? À partir du 1er janvier 2027, le mode de calcul du DPE change : l'électricité est convertie en énergie primaire avec un facteur de 1,7 au lieu de 1,9. La modification peut améliorer la classe de certains biens, particulièrement lorsqu'ils utilisent l'électricité pour se chauffer.

Le changement est annoncé par Service Public dans une fiche du 1er septembre 2026 et dans la documentation générale du DPE. Il ne signifie pas que tous les logements obtiendront automatiquement une classe supérieure. Le résultat dépend notamment de leur consommation, du mode de chauffage et de l'endroit où ils se situent par rapport aux seuils du classement.
À retenir
- 1er janvier 2027 : date d'entrée en vigueur du nouveau facteur de conversion de l'électricité dans le DPE.
- 1,7 au lieu de 1,9 : nouvelle valeur permettant de convertir l'électricité consommée en énergie primaire dans le calcul.
- Certains DPE améliorés : la modification peut changer la classe énergétique, mais ce n'est pas garanti pour chaque logement.
- Pas de travaux sous-entendus : un changement de note obtenu uniquement par le nouveau calcul ne signifie pas que les murs ont été isolés ni que le chauffage consomme physiquement moins.
- Vérification officielle : les propriétaires pourront consulter les modalités d'attestation ou de recalcul prévues pour les DPE existants, plutôt que d'apposer eux-mêmes une nouvelle lettre sur l'annonce.
Qu'est-ce que l'énergie primaire dans le DPE ?
Le diagnostic de performance énergétique cherche à représenter la consommation d'un logement et son impact sur les émissions de gaz à effet de serre. Pour tenir compte de l'énergie mobilisée avant qu'elle parvienne au logement, une conversion est effectuée entre énergie finale, mesurée à l'usage, et énergie primaire.
Pour l'électricité, le facteur était de 1,9 avant le changement annoncé. Au 1er janvier 2027, il sera réduit à 1,7. Cela diminue la quantité d'énergie primaire retenue dans le calcul pour une même consommation finale d'électricité.
Le principe ne doit pas être interprété comme une baisse de 0,2 kilowattheure sur chaque facture. La consommation réelle et les prix de l'électricité ne sont pas automatiquement modifiés par un coefficient dans un diagnostic.
Quels logements peuvent être concernés ?
Toutes les habitations utilisent de l'électricité, au moins pour l'éclairage. Toutefois, l'effet est en général plus visible lorsque le logement se chauffe ou produit de l'eau chaude à l'électricité. Les autres caractéristiques du bâtiment continuent de compter dans le diagnostic, notamment les surfaces, l'enveloppe thermique, la ventilation et les émissions.
Un appartement qui était tout juste au-dessus d'un seuil entre deux classes peut descendre sous ce seuil après recalcul. Un logement très énergivore ne gagne pas automatiquement une lettre simplement parce que le facteur de conversion a changé.
La nouvelle réglementation introduit aussi d'autres évolutions au DPE dans le cadre de son adaptation aux règles européennes, dont une nouvelle classe AO pour certains bâtiments selon les textes. Il ne faut pas confondre ce volet et la seule réduction du facteur électrique.
Une meilleure lettre signifie-t-elle une meilleure isolation ?
Pas nécessairement. Une note énergétique est un résultat réglementaire obtenu à partir d'une méthode de calcul. Si cette méthode évolue et qu'on conserve toutes les données d'origine, le classement peut changer même en l'absence de travaux.
À l'inverse, des travaux réels d'isolation, le remplacement d'un équipement de chauffage ou l'amélioration de la ventilation peuvent réduire la consommation. Une reclassification administrative n'a pas les mêmes effets pratiques sur le confort thermique et la facture que ces rénovations.
Cette distinction est importante pour les futurs locataires et acquéreurs. Deux annonces portant une même étiquette ne racontent pas nécessairement la même histoire du bâtiment ; le document de diagnostic et ses données restent utiles.
Peut-on remettre en location un logement F ou G ?
La location des logements les moins performants répond à un calendrier progressif de décence énergétique. La modification du DPE peut donc avoir des conséquences sur certains biens auparavant pénalisés par une mauvaise classe, mais ce résultat ne se présume pas sans diagnostic actualisé selon les règles.
En métropole, l'interdiction de louer un logement classé G est déjà applicable aux nouveaux baux, renouvellements et reconductions tacites depuis 2025. Pour les logements F, l'échéance prévue est 2028. La nouvelle méthode de calcul ne supprime pas les autres conditions de décence, d'entretien ou de sécurité du logement.
Pour un bail existant ou un projet de vente, le propriétaire doit vérifier la durée de validité du DPE, les règles d'attestation et la situation exacte du logement. Une annonce sur Internet ne remplace pas un document opposable.
Comment vérifier son logement après le changement ?
Conservez le diagnostic existant et son identifiant ADEME. À l'entrée en vigueur des nouvelles règles, les propriétaires concernés pourront utiliser les outils et procédures de mise à jour annoncés par le ministère et l'ADEME. Avant cette date, un calcul approximatif trouvé en ligne ne doit pas servir à annoncer publiquement une nouvelle classe.
L'essentiel est de distinguer la baisse du coefficient de la baisse effective de consommation. La première est décidée par la réglementation ; la seconde dépend principalement du logement et de ses équipements.
Sources
- Service Public, nouveau calcul du DPE : votre logement est-il concerné ?, publié le 1er septembre 2026.
- Service Public, diagnostic de performance énergétique (DPE), évolution des règles au 1er janvier 2027.
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