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Loyers : le nouvel indice à +1,57 % permet-il vraiment d'augmenter votre bail ?

Le nouvel indice de référence des loyers (IRL) publié le 15 octobre 2026 progresse de 1,57 % sur un an, en France métropolitaine continentale. Ce chiffre ne signifie pourtant pas que chaque propriétaire peut réclamer dès maintenant 1,57 % de plus à son locataire. Il faut vérifier le contrat, la date de révision, le trimestre d'indice convenu et, dans certains cas, le diagnostic de performance énergétique (DPE).

Immeuble d'habitation rue de Meaux, à Paris, photographié en 2012. Photographie documentaire d'illustration, sans lien avec un bail ou une augmentation particulière. GFreihalter, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 ; recadrage.
Immeuble d'habitation rue de Meaux, à Paris, photographié en 2012. Photographie documentaire d'illustration, sans lien avec un bail ou une augmentation particulière. GFreihalter, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 ; recadrage. Photo : GFreihalter · CC BY-SA 3.0, recadrage éditorial.

Le chiffre est officiel : l'Insee fixe l'IRL du troisième trimestre 2026 à 148,06, contre 145,77 au même trimestre de 2025. L'Agence nationale pour l'information sur le logement (Anil) rappelle que l'indice sert de plafond à la révision annuelle prévue par le bail, et non d'augmentation automatique.

À retenir

  • +1,57 % : variation annuelle de l'IRL du troisième trimestre 2026 en métropole continentale, pas hausse obligatoire de tous les loyers.
  • Une clause obligatoire : en location privée classique, la révision annuelle doit être prévue par le bail.
  • Une date à respecter : la révision peut être demandée dans l'année qui suit la date prévue, sans rétroactivité.
  • Logements F et G : le gel des révisions s'applique aux baux concernés par la loi climat, même si l'indice monte.
  • Trois indices géographiques : la Corse et les départements et régions d'outre-mer ont leurs propres niveaux d'IRL.

Le nouveau chiffre : 148,06, mais pour quel bail ?

Chaque trimestre, l'Insee publie un IRL construit à partir de l'évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. Celui du troisième trimestre 2026 a été publié le 15 octobre, puis repris au Journal officiel du 16 octobre. Pour la métropole continentale, il atteint 148,06, après 145,77 un an auparavant. La progression annoncée de 1,57 % correspond à la comparaison de ces deux périodes.

Pour la Corse, l'IRL du troisième trimestre 2026 atteint 143,80 ; pour les départements et régions d'outre-mer concernés, il est de 145,21. Leur niveau diffère de celui de la métropole continentale, même si la progression annuelle indiquée pour ce trimestre est également de 1,57 %.

Attention au trimestre : un bail peut prévoir le deuxième, le troisième ou un autre trimestre d'indice. On utilise le trimestre de référence correspondant à ce bail, pas simplement le dernier chiffre aperçu dans un article. Les règles propres aux logements sociaux et à certains dispositifs conventionnés sont également distinctes.

Exemple concret : un loyer de 800 euros

Imaginons un logement privé situé en métropole continentale, loué 800 euros par mois hors charges. Le contrat autorise une révision annuelle avec l'IRL du troisième trimestre, et le propriétaire est en droit de l'appliquer.

La formule est : nouveau loyer = ancien loyer × nouvel IRL / IRL du même trimestre de l'année précédente.

Le calcul donne 800 × 148,06 / 145,77 = 812,57 euros après arrondi au centime. La différence est donc d'environ 12,57 euros par mois, soit près de 150,84 euros sur douze mois si le nouveau montant s'applique toute une année.

Il s'agit uniquement d'un exemple calculé, pas du loyer constaté dans une commune ni d'une hausse que tous les propriétaires seraient autorisés à pratiquer. Si la clause manque, si l'anniversaire de révision n'est pas arrivé ou si une interdiction légale s'applique, ce calcul ne justifie aucune augmentation.

Quand le propriétaire peut-il demander la hausse ?

La révision du loyer, pour un bail d'habitation classique, n'est possible qu'une fois par an si le bail prévoit cette faculté. Elle s'applique à la date inscrite au contrat ou, à défaut, à sa date anniversaire. Sans clause, il n'y a pas de révision annuelle automatique.

Le propriétaire dispose d'un an à compter de la date prévue pour demander la révision. Si la demande intervient après cette date, elle ne s'applique qu'à partir de la demande : il ne peut pas exiger rétroactivement la différence pour les mois écoulés. Si l'année passe sans démarche, la révision de cette période est perdue.

Le locataire peut vérifier la clause du contrat, les indices publiés par l'Insee, la formule et la date effectivement retenue. Pour un différend, une Agence départementale d'information sur le logement (Adil) peut expliquer gratuitement les règles applicables au contrat.

Pourquoi certains logements ne peuvent pas subir cette hausse

En France métropolitaine, les logements classés F ou G au DPE font l'objet d'un gel de la révision des loyers lorsque le bail a été signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022. Le dispositif s'applique aussi outre-mer selon un calendrier différent : les baux concernés le sont depuis le 1er juillet 2024. Le chiffre de 1,57 % ne lève pas cette interdiction.

Le bail mobilité ne permet pas de révision en cours de contrat. Les logements sociaux, les logements conventionnés et les régimes particuliers peuvent relever d'autres calculs ; il faut éviter de transposer automatiquement l'exemple d'un bail privé standard.

Les documents à regarder avant de répondre

Le plus utile est de comparer trois pièces : le bail, qui indique ou non une clause de révision et son trimestre d'IRL ; l'indice officiel de l'Insee, pour la date et le territoire ; et le dernier avis de révision, pour vérifier le montant et l'éventuelle rétroactivité.

En cas de désaccord, demander par écrit le détail du calcul est plus solide que de comparer simplement deux montants de loyer. Le pourcentage annoncé dans l'actualité est une limite dans certains contrats, jamais une autorisation universelle d'augmenter les loyers.

Sources

Dans la rubrique Société :

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Quel serait votre nouveau loyer ?

Simulation pour un bail privé utilisant l’IRL du 3e trimestre 2026.

Montant indicatif uniquement si le bail autorise la révision avec l’IRL T3. Pas de hausse permise pour les logements F/G lorsque le gel légal s’applique ; la date et les autres conditions du bail restent déterminantes. Indices Insee.

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