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Découvert bancaire : ce qui change le 20 novembre pour les petits montants

Le découvert bancaire de quelques dizaines d'euros n'était pas soumis aux mêmes exigences qu'un crédit plus important. À partir du 20 novembre 2026, les règles changent pour les nouvelles autorisations de découvert, y compris celles d'un montant inférieur à 200 euros ou d'une durée inférieure à un mois.

Distributeur automatique de billets de La Banque Postale à Bellerive-sur-Allier (Allier), photographié en mai 2025. Image d'illustration du secteur bancaire, sans lien avec un client ou une autorisation de découvert. Tabl-trai, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; recadrée.
Distributeur automatique de billets de La Banque Postale à Bellerive-sur-Allier (Allier), photographié en mai 2025. Image d'illustration du secteur bancaire, sans lien avec un client ou une autorisation de découvert. Tabl-trai, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; recadrée. Photo : Tabl-trai · CC BY-SA 4.0, recadrage éditorial.

Ce changement a fait naître des affirmations alarmistes : certains y voient une interdiction prochaine des découverts ou la suppression automatique d'autorisations existantes. Ce n'est pas ce qu'indique Service Public. La nouvelle réglementation étend surtout l'exigence d'une analyse de solvabilité proportionnée.

À retenir

  • 20 novembre 2026 : date de début d'application des nouvelles règles issues de la transposition d'une directive européenne.
  • Moins de 200 euros et moins d'un mois : même les petites autorisations entrent dans le champ d'une évaluation de solvabilité.
  • Découverts anciens : les autorisations conclues avant l'entrée en vigueur ne sont pas remises en cause par ces nouvelles dispositions.
  • Pas de droit au découvert : une banque peut toujours refuser d'accorder une autorisation, même si le client en demande une.
  • Agios inchangés par principe : le découvert reste un service susceptible d'être facturé selon la convention de compte.

Pourquoi le seuil de 200 euros est important

Jusqu'à présent, les demandes de découvert d'au moins 200 euros, ou portant sur une durée de plus d'un mois, appelaient déjà une appréciation de la capacité du client à rembourser. Les demandes plus petites ou plus brèves avaient un traitement différent.

L'ordonnance du 3 septembre 2025, qui transpose une directive européenne du 18 octobre 2023, étend l'obligation aux petites autorisations à compter du 20 novembre 2026. Cela n'implique pas que la banque mène le même dossier de crédit complet pour un découvert de 30 euros et pour une opération de plusieurs milliers d'euros. L'examen doit être proportionné à la somme et à la durée concernées.

Quelles informations la banque peut-elle regarder ?

La réglementation mentionne notamment les revenus et autres ressources du client, ses charges et sa situation financière. Pour les petits découverts, la consultation du fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers peut être facultative dans le cadre de l'appréciation de solvabilité.

La banque doit fournir des informations contractuelles claires, notamment sur le coût total du découvert et sur le taux annuel effectif global lorsque les règles le prévoient. Cette obligation de clarté ne signifie pas que tous les établissements devront adopter un taux unique ou supprimer les agios.

Les modalités pratiques doivent encore être précisées par des textes d'application. Un simulateur ou une affirmation présentant à l'avance un barème universel de revenus serait donc trompeur.

Et si vous disposez déjà d'une autorisation ?

Service Public précise que les autorisations de découvert en place avant le 20 novembre 2026 ne sont pas affectées par l'entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions. Cela ne signifie pas qu'un contrat est intangible pour toujours : les conditions habituelles de la convention de compte, les notifications et les règles de modification restent applicables.

Surtout, les nouvelles dispositions n'interdisent pas à un client de réutiliser une autorisation existante à chaque dépense. Un découvert autorisé reste un plafond temporaire convenu avec l'établissement.

Le découvert ne devient pas gratuit

Un découvert est généralement payant : les agios rémunèrent l'avance accordée par la banque. Un dépassement du plafond peut générer des frais supplémentaires. Leur montant dépend des règles bancaires et de votre contrat, et ne se déduit pas de la seule somme utilisée.

Un client qui souhaite comparer deux offres peut chercher dans la brochure tarifaire le taux de découvert, les commissions et le coût des incidents. Les mensualités d'un crédit à la consommation et les agios d'un découvert ne doivent pas être confondus, même si des obligations de protection sont rapprochées.

Ce qu'il faut vérifier avant le 20 novembre

Relisez votre convention de compte : elle doit indiquer si une autorisation existe et sous quelles conditions. Si vous prévoyez de demander un nouveau découvert, préparez les informations de ressources et de charges que votre banque peut légitimement demander.

Face à une annonce qui affirme que « les découverts seront interdits », revenez au texte officiel : le changement porte sur l'évaluation avant d'accorder une autorisation, pas sur une interdiction générale de ce service bancaire.

Sources

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