Infirmiers libéraux : les tarifs AMI et AMX passent à 3,35 euros ce 6 novembre
Les infirmiers libéraux appliquent, à partir de ce vendredi 6 novembre 2026, une nouvelle valeur de 3,35 euros pour les lettres-clés AMI et AMX en métropole, contre 3,15 euros auparavant. Ces lettres servent de base à la cotation de nombreux actes de soins. Elles ne correspondent pas, à elles seules, au prix de toute une intervention.

À retenir
- Depuis le 6 novembre 2026, les lettres-clés AMI et AMX utilisées pour certains actes des infirmiers libéraux passent en métropole de 3,15 à 3,35 euros. C’est une base de cotation, pas le prix global d’une visite.
- L’avenant 11, signé le 31 mars et entré en vigueur le 6 mai 2026, prévoit cette hausse puis une valeur de 3,45 euros au 1er novembre 2027. Les tarifs ultramarins sont différents.
- Le tarif d’un soin dépend du coefficient de l’acte, des majorations, des déplacements et des règles de cumul. Le remboursement par l’Assurance maladie et la complémentaire détermine le reste à charge éventuel.
- Dès ce 6 novembre, des infirmiers volontaires peuvent participer à des soins non programmés sur demande du 15 ou du service d’accès aux soins. Le dispositif dépend aussi des décisions de l’agence régionale de santé.
- Dans ces interventions encadrées, une majoration MIR de 15 euros peut s’ajouter à un acte. Une « levée de doute » sans acte technique se cote AMI 1,35, soit 4,52 euros au tarif métropolitain, selon les conditions prévues.
- D’autres évolutions concernent les plaies et le suivi des malades chroniques. Elles s’appliquent progressivement à des dates ultérieures et sous conditions : elles ne sont pas toutes effectives le 6 novembre.
La première hausse de la cotation infirmière entre en vigueur
Les infirmiers libéraux appliquent, à partir de ce vendredi 6 novembre 2026, une nouvelle valeur de 3,35 euros pour les lettres-clés AMI et AMX en métropole, contre 3,15 euros auparavant. Ces lettres servent de base à la cotation de nombreux actes de soins. Elles ne correspondent pas, à elles seules, au prix de toute une intervention.
La revalorisation de 20 centimes découle de l'avenant 11 à la convention nationale des infirmiers, signé le 31 mars 2026 et entré en vigueur le 6 mai, après publication au Journal officiel. Le délai réglementaire de six mois explique la date du 6 novembre. L'Assurance maladie annonce une seconde progression à 3,45 euros au 1er novembre 2027, selon le calendrier de l'accord en vigueur.
La Fédération nationale des infirmiers (FNI), l'une des organisations signataires, a rappelé le 29 octobre l'entrée en application de la mesure et précisé que les valeurs applicables dans les départements d'outre-mer et à Mayotte diffèrent de celles de la métropole. Elle présente cette hausse comme une première étape, sans affirmer qu'elle règle toutes les revendications professionnelles.
Ce que change réellement une lettre-clé de 3,35 euros
Un soin infirmier est facturé selon la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). Le tarif peut correspondre à une lettre-clé multipliée par un coefficient, auquel s'ajoutent dans certaines situations des majorations ou des frais de déplacement. Des règles limitent aussi le cumul de plusieurs actes lors d'un même passage.
Ainsi, une hausse de 0,20 euro sur la valeur de l'AMI ne signifie pas qu'une tournée complète, une injection, un pansement complexe et une visite à domicile augmentent tous uniformément de vingt centimes. Le calcul dépend du soin effectué et des règles de facturation qui lui sont associées. La FNI rappelle également que les tarifs diffèrent dans les territoires ultramarins.
Pour les patients, il faut distinguer le montant réglementaire d'un acte du reste à charge. La part prise en charge par l'Assurance maladie, la situation médicale, les éventuelles exonérations et l'intervention d'une complémentaire peuvent modifier la somme finalement payée. Le nouveau tarif ne permet pas, à lui seul, de conclure à une augmentation identique du reste à charge pour tous les patients.
Des interventions nouvelles sur demande du 15 ou du SAS
Une autre évolution prend effet ce 6 novembre : les infirmiers libéraux qui le souhaitent peuvent participer à la prise en charge de certains soins non programmés, lorsqu'ils sont sollicités par la régulation médicale. L'Assurance maladie décrit deux cadres : la permanence des soins ambulatoires (PDSA) et le service d'accès aux soins (SAS). Il ne s'agit pas d'un droit général à intervenir sans demande de la régulation.
Lorsque l'infirmier réalise un acte prévu par la NGAP, il peut le facturer selon les règles ordinaires et ajouter, si les conditions sont réunies, une majoration MIR de 15 euros. En l'absence d'acte technique, un passage de vérification ou de conseil, appelé « levée de doute », peut être facturé AMI 1,35. Au tarif métropolitain de 3,35 euros, ce coefficient correspond à 4,52 euros après arrondi, auxquels la majoration MIR peut s'ajouter dans les situations prévues.
L'application sur le terrain dépend des dispositifs organisés par les agences régionales de santé. L'Assurance maladie précise notamment que la participation à la permanence des soins suppose un cahier des charges régional arrêté. La date d'entrée en vigueur conventionnelle ne garantit donc pas que ce dispositif soit déployé partout de façon identique dès le 6 novembre.
Un accord plus large, étalé jusqu'en 2029
L'Assurance maladie chiffre à environ 500 millions d'euros l'investissement conventionnel prévu sur la période 2026-2029. Ce montant est une enveloppe annoncée pour plusieurs mesures : il ne représente ni une prime individuelle ni une dépense entièrement réalisée à ce jour.
L'accord traite également de consultations infirmières, du suivi de personnes atteintes de maladies chroniques, de la prise en charge des plaies et de la valorisation de certaines situations complexes. Plusieurs dispositions sont prévues à des échéances ultérieures, dont janvier et novembre 2027. D'autres sont subordonnées à des conditions professionnelles ou réglementaires spécifiques.
Les professionnels doivent donc vérifier les règles de facturation applicables à leur acte et à sa date d'exécution, plutôt que considérer que toutes les nouvelles compétences sont déjà ouvertes. Pour les patients, les modalités de remboursement d'un soin particulier restent à examiner au cas par cas.
Quelles vérifications pour les professionnels et les patients ?
L'Assurance maladie met à disposition le texte de l'avenant 11 et une page pratique consacrée aux soins non programmés. Pour un cabinet infirmier, la priorité est de vérifier le paramétrage des tarifs et des cotations à la bonne date, ainsi que les règles de cumul et la disponibilité effective d'un dispositif de régulation dans sa région.
Un patient qui souhaite comprendre sa facture peut demander le détail de l'acte coté, de la majoration éventuelle et de la prise en charge. Il ne faut pas déduire du seul chiffre de 3,35 euros le prix total d'une visite ni la somme qui lui reviendra personnellement.
Sources et méthode
- Assurance maladie, avenants à la convention nationale des infirmiers, avenant 11 et calendrier.
- Assurance maladie, annonce du 1er avril 2026 sur l'accord et ses mesures financières.
- Assurance maladie, soins non programmés : conditions de participation et de facturation, page du 3 novembre 2026.
- Assurance maladie, prolongation puis intégration des mesures de soins non programmés à partir du 6 novembre.
- Fédération nationale des infirmiers, communiqué du 29 octobre 2026 sur la revalorisation du 6 novembre.
- Walter Learning, analyse du 3 novembre 2026 du calendrier des cotations.
- L'Infirmière Libérale Française, décryptage de la nouvelle nomenclature publiée au Journal officiel le 22 octobre 2026.
Relecture documentaire effectuée le 6 novembre 2026. Les montants de métropole, les dispositions soumises à conditions et la distinction entre tarifs professionnels et reste à charge ont été contrôlés. La photographie d'illustration représente un cabinet infirmier français, sans lien avec la signature de l'accord ni avec ses auteurs.
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